Meximieux 25 février 2022
La vision biblique de l’homme, une lumière pour éduquer
Défis actuels et réponses chrétiennes
Par Xavier DUFOUR
L’éducation est le lieu où tout commence et prend forme, chacune de nos vies comme l’avenir d’une société. Selon la philosophe Hannah ARENDT, c’est à travers l’éducation que nous décidons si nous aimons assez le monde pour le transmettre à nos enfants et si nous aimons assez nos enfants pour leur transmettre un monde qu’ils devront accueillir pour, à leur tour, le renouveler. Amour du monde, amour des enfants : on le voit, l’éducation a rapport à l’amour. Qui n’aime pas ne met pas au monde, qui n’aime pas n’éduque pas. Or notre société a du mal avec l’éducation qu’elle n’envisage que d’un point de vue économique, en termes de moyens, alors qu’il faudrait l’envisager en termes de finalités. Quelle humanité voulons-nous promouvoir ? Promouvoir car il ne s’agit pas de « fabriquer » des personnes, ou de les dresser : l’éducation a rapport à la liberté, celle de l’enfant qu’il s’agit d’accompagner, de faire grandir. Mais le principe de croissance est intérieur à l’enfant et reste infiniment mystérieux. C’est un dynamisme qui n’appartient donc pas à l’éducateur, qui ne peut que le favoriser par sa sollicitude. Parler d’amour, de liberté, pose donc d’emblée la question de l’homme car il n’y a pas de neutralité éducative. Qu’on le veuille ou non, on éduquera à la lumière d’une certaine vision anthropologique (matérialiste, spiritualiste, rationaliste…). Le but de mon propos est de montrer la pertinence du regard biblique et chrétien pour la tache éducative.
4. L’anthropologie biblique et l’éducation (centenaire diocèse de l’AIN)